Les Critiques

Pour les impressionnistes s’introduire dans le monde des arts n’a pas été facile. Les grandes salons académismes fermaient leurs portes et les critiques étaient de plus en plus cruels avec eux. Emile Zola, père de l’écriture naturaliste, qui écrit en Juillet de 1879 « Il est vrai qu’il est déjà honorable de déblayer le chemin pour l’avenir, pour peu qu’on soit tombé sur la bonne voie. Aussi rien de plus caractéristique que l’influence des peintres impressionnistes – refusés chaque année par le jury – lorsqu’elle s’exerce sur les peintres aux procédés adroits qui constituent chaque année l’ornement du Salon… ». Zola est un des premiers a faire des éloges aux nouvelles arts, étant lui-même partie de cette nouvelle façon de décrire le monde.

Avant lui, les critique ont été dures, si dures qu’ils n’arrivaient pas à vendre leur peintures, et la plus part d’entre eux ont vécu des années dans la pauvreté. Les critiques ont reproché aux Impressionnistes de ne pas finir leur toiles, de traiter des sujets mondains ou banals, de ne pas suivre les règles du bon gout fixés par  par l’Académie royale de peinture et de sculpture,.

Le nom même de ce mouvement pictural viens d’une critique fait par Louis Leroy pour la magazine Le Chavrivari en 1874, après la première exposition fait par les refusés du Salon de Paris. Dans cet article Leroy  se moquait en regardant le tableau Impression, soleil levant de Claude Monet “Impression, j’en étais sûr Je me disais aussi, puisque je suis impressionné, il doit y avoir de l’impression là-dedans…”. à continuation nous vous presentons l’article où, dans un registre très ironique, Louis Leroy raconte sa visite à l’exposition des Impressionnistes en compagnie d’un ami…

Extraits: Louis LEROY – Le CHARIVARI – 25 Avril 1874

“Oh ! Ce fut une rude journée que celle où je me risquai à la première exposition du boulevard des Capucines en compagnie de M Joseph Vincent, paysagiste, élève de Bertin, médaillé et décoré sous plusieurs gouvernements !

L’imprudent était venu là sans penser à mal ; il croyait voir de la peinture comme en voit partout, bonne et mauvaise, plutôt mauvaise que bonne, mais non pas attentatoire aux bonnes moeurs artistiques.

Je le conduisis devant le champ labouré de M. Pissarro.

A la vue de ce paysage formidable, le bonhomme crut que les verres de ses lunettes s’étaient troublés. Il les essuya avec soin, puis les reposa sur son nez.

– Par Michalon s’écria-t-il, qu’est-ce que c’est que ça ?

– Vous voyez . une gelée blanche sur des sillons profondément creusés.

– Ça des sillons, ça de la gelée ?… Mais ce sont des grattures de palette posées uniformément sur une toile salie. Ça n’a ni queue ni tête, ni haut ni bas, ni devant ni derrière.

– Peut-être…mais l’impression y est… ce n’est ni fait ni à faire. Mais voici une vue de Melun de

M. ROUART où il y a quelque chose dans les eaux, par exemple, l’ombre du premier plan est bien cocasse.

– C’est la vibration du ton qui vous étonne ?

– Dites le torchonné du ton, et je vous comprendrai mieux….

– Je jetai un coup d’oeil sur l’élève de Bertin : son visage tournait au rouge sombre. Une catastrophe me parut imminente, et il était réservé à M. Monet de lui donner le dernier coup…

– “IMPRESSION, Soleil levant”_

– Impression, j’en étais sûr Je me disais aussi, puisque je suis impressionné, il doit y avoir de l’impression là-dedans… Et quelle liberté, quelle aisance dans la facture ! Le papier peint à l’état embryonnaire est encore plus fait que cette marine-là…”

Impression, Soleil Levant, Monet

Impression, Soleil Levant, Monet

La rupture avec l’académisme n’a pas été accepté par les critiques qu’au final du XIX siècle quand ils commencent à comprendre l’importance, le debut d’une nouvelle âge dans la peinture :

« Depuis des milliers d’années, tous les gens qui se mêlent de peindre empruntent leurs procédés d’éclairage aux vieux maîtres. […] C’est au petit groupe des impressionnistes que revient l’honneur d’avoir balayé tous ces préjugés, culbuté toutes ces conventions. L’École nouvelle proclamait cette vérité scientifique : que la grande lumière décolore les tons, que la silhouette, que la couleur, par exemple, d’une maison ou d’un arbre, peints dans une chambre close, diffèrent absolument de la silhouette et de la couleur de la maison ou de l’arbre, peints sous le ciel même, dans le plein air. »

(Joris-Karl Huysmans, « L’Exposition des indépendants en 1880 », l’Art moderne, 1883).

– « J’ai souvent pensé avec étonnement à la trouée que les impressionnistes et que Flaubert, de Goncourt et Zola ont fait dans l’art. L’école naturaliste a été révélée au public par eux ; l’art a été bouleversé du haut en bas, affranchi du ligotage officiel des Écoles. »

(Joris-Karl Huysmans, « Le salon de 1879 », l’Art moderne, 1883).

 

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